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Source : PsycArt

 

Ligue Belge de la Dépression asbl

Réponses à vos questions

 

 

Vous nous avez posé ces questions intéressantes ; le Comité Scientifique de la Ligue de la Dépression vous apporte ses réponses.

 

Il suffit de "cliquer" sur la question de votre choix pour en avoir la réponse.

 

* Une dépression doit-elle être traitée et comment ?

* Comment convaincre une personne dépressive à consulter un spécialiste, alors qu'elle refuse catégoriquement de reconnaître qu'elle est dépressive ?

* Pour nous, être dépressif, c'est être considéré comme des dingues. Pensez-vous que, entre dépressifs, on peut se confier ?

* Le taux de sérotonine est-il un indice de dépression ?

* J’habite à Bruxelles et suis en dépression. Existe-t-il des lieux de rencontre, d’échanges pour ne pas me sentir isolé et encore plus coupable de ma situation.

* Avoir subi un grave accident, soit de travail soit de la circulation routière, peut-il être à l'origine d'une dépression ?

* Peut-on être stressé et énervé pour n'importe quoi et avoir peur toute la journée pour rien sans forcément être dépressif ?

* La dépression chez l’homme est une réalité. Comment se présente-t-elle et à quoi faut-il être attentif ?

* Une fatigue persistante peut-elle persister même sous traitement antidépresseur ?

* Les antidépresseurs peuvent-ils guérir en s'attaquant à la cause de la maladie ?

* Y a-t-il plusieurs niveaux (phases, degrés) bien distincts de la dépression ?

* Comment aider quelqu’un de dépressif et qui boit ?

* Millepertuis et Omega 3- 6 : quels effets ?

* Combien de temps peut prendre un congé de maladie pour une dépression ? Que faire quand l’envie d’aller au travail n’y est plus ou quand on ne se sent pas capable d’y retourner ?

* Quelle importance thérapeutique accorder au sport ?
 


Une dépression doit-elle être traitée et comment ?

1)       Oui, une dépression doit être traitée pour :

·      Réduire la souffrance psychique qui est intense

·      Réduire le risque suicidaire qui est, le plus souvent, important

·      Réduire la morbidité physique (risque de maladies physiques accru en cas de dépression)

·      Eviter les séquelles psychologiques de la dépression (attitudes négatives chroniques, morosité chronique, baisse d’estime de soi)

·      Eviter la chronicité de la dépression

·      Eviter le cercle vicieux induit par la dépression (dépression – retrait social, isolement- dépression)

2)      Comment ?

2 grands types d’approches :

·      Pharmacothérapie (antidépresseurs) qui se fonde sur l’hypothèse d’une vulnérabilité biologique à la dépression

·      Psychothérapies qui tentent de traiter les facteurs déclenchants, déterminants et accompagnants la dépression (facteurs psychologiques anciens et récents, événements de vie, maladie physique, problématique du travail, etc…)

Les dépressions d’intensité légère à modérée peuvent bénéficier d’un traitement psychothérapique seul, mais, dans la plupart des cas, un traitement combinant les deux approches est la règle. Les dépressions sévères doivent être traitées par des antidépresseurs, voire par électrochocs.

Il est important de souligner la nécessité de trouver le traitement adéquat, qui sera différent pour chaque personne, un traitement « sur mesure » autant qualitativement que quantitativement, en informant la personne et son entourage de la façon la plus précise possible (psychoéducation).

Prof. D. Pardoen, psychiatre

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Comment convaincre une personne dépressive à consulter un spécialiste, alors qu'elle refuse catégoriquement de reconnaître qu'elle est dépressive ?

Il n'y a pas de moyen de forcer une personne à suivre un traitement tant qu'elle est majeure et n'est pas un danger pour la société ni pour ses proches, ni démente.
Elle n'est que "dépressive". Souvent l’entourage est confronté à cette phase de déni durant laquelle le dépressif refuse «le changement », voire arrête des traitements éventuellement en cours.
Sans prétendre maîtriser 'la' vérité, je me permets de faire la proposition suivante : il est très dur de voir un proche s'enfoncer mais malheureusement, on est parfois incapable de régler les choses. La culpabilité liée au sentimental, ou au relationnel de la famille apparaît très vite. Et cette culpabilité du témoin engendre parfois le trop ou le non-nécessaire.
C'est ainsi qu'une famille peut passer son temps à prendre des rendez-vous pour un patient ou acheter des livres, ou inviter un médecin à examiner le "malade". C'est un peu comme lorsqu'on veut trouver un fiancé à un célibataire et qu'on invite les deux "tourtereaux " à leur insu à un repas. Bref, même si cela part d'un bon sentiment, l'entourage en fait parfois de trop.
Peut être pouvez-vous lui demander ce que vous devez ou pouvez faire pour elle, ou ne pas faire. La réponse sera claire, non agressive et fera avancer tout le monde. Bizarrement, c'est parfois en changeant les relations avec quelqu'un que les choses se débloquent..

Je peux également vous conseiller un groupe très dynamique et efficace, SIMILES, qui encadre l'entourage de personnes souffrant de problèmes psychiques. Vous trouverez leur programme et leurs différentes localisations sur www.similes.org ainsi que dans notre rubrique Agenda.  retour haut de page


Pour nous, être dépressif, c'est être considéré comme des dingues. Pensez-vous que, entre dépressifs, on peut se confier ?

Femme 47 ans

Beaucoup de dépressifs aimeraient se rencontrer, savoir qu'ils ne sont pas les seuls à se sentir mal, à souffrir de solitude, d'exclusion, d'angoisse,...

Il existe même quelques groupes de parole, voire même des thérapies de groupe.

Cependant, il ne faut jamais oublier que la dépression est avant tout une douleur ressentie par une personne avant d'être une maladie; ce qui fait que votre dépression peut être différente de celle des autres car vous avez votre histoire, votre personnalité, vos propres forces et vos propres faiblesses.

Ce qui est particulièrement important quand des dépressifs se rencontrent, c'est qu'ils restent attentifs à l'objectif de se réunir pour mieux s'en sortir, pour se motiver, pour agir (un peu à la manière des Alcooliques Anonymes). retour haut de page


Le taux de sérotonine est-il un indice de dépression ?
Bien que les médicaments sérotoninergiques soient efficaces dans la dépression, le taux de sérotonine n’influence ni le diagnostic ni le choix thérapeutique dans la dépression.
La dépression est une affection liée à un dysfonctionnement des neurotransmetteurs dans le cerveau, ce dysfonctionnement entraînant une plus grande vulnérabilité (symptômes dépressifs tels qu’anxiété, agressivité, perte de l’élan vital, trouble de l’humeur,…). Les causes de la dépression sont cependant multiples puisqu’il faudra aussi tenir compte de facteurs déclenchants de type psychologiques, sociaux.

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J’habite à Bruxelles et suis en dépression depuis plusieurs années. Existe-t-il des lieux de rencontre, d’échanges pour ne pas me sentir isolé et encore plus coupable de ma situation.
Certains groupes existent, encadrés par des professionnels et qui proposent également des activités artistiques, culturelles, des conférences-rencontres autour d’un thème.
En voici 3 exemples :
Côté Cour, rue de Lantsheere 50 à 1040 Bruxelles (02/734.04.47)
Similes l’Horizon, bld Emile Bockstael 107 à  1020 Bruxelles (02/511.99.99)
Nouveau Centre Primavera, Bld de Smet de Nayer 145 à 1090 Bruxelles (02/428.90.43)

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Avoir subi un grave accident, soit de travail soit de la circulation routière,
peut-il être à l'origine d'une dépression ?

Oui. Plusieurs situations peuvent se présenter.

1) Suite à un traumatisme psychologique important, un individu peut développer un trouble anxieux appelé "stress post-traumatique". Ce trouble anxieux peut se compliquer d'un état dépressif.

2) Les conséquences d'un accident (souffrances secondaires à des blessures physiques, longue convalescence, incapacité physique définitive, répercussions sur la vie familiale et sociale...) peuvent entraîner une décompensation dépressive.

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Peut-on être stressé et énervé pour n'importe quoi et avoir peur toute la journée pour rien sans forcément être dépressif ?

Ce type de comportement évoque un trouble anxieux qui, souvent, débute à l’adolescence, en tout cas dès l’âge adulte et qui est caractérisé par une anxiété constante inappropriée et excessive pour des détails, incontrôlable et chronique, avec des périodes d’exacerbation dès la présence d’un contexte stressant.

L’irritabilité, la difficulté d’endormissement, les plaintes somatiques de tension musculaire, un colon irritable et des céphalées accompagnent souvent ce trouble. Un état dépressif secondaire peut se développer au cours de l’évolution.

Le traitement de ce trouble sera double : médicamenteux (les mêmes traitements que pour la dépression) et psychologique.

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La dépression chez l’homme est une réalité.
Comment se présente-t-elle et à quoi faut-il être attentif ?

40% des hommes, entre 40 et 70 ans, présentent des symptômes d’andropause. Chez les hommes de 75 ans et plus, le taux de suicide est d’environ 60 pour 100.000 habitants.

Toutes classes d’âge confondues, le taux de suicide chez les hommes par rapport au taux de suicide chez les femmes est 3 fois plus important.

Les hommes consultent moins volontiers un psychiatre et attendent souvent longtemps avant de chercher de l’aide pour un problème de dépression.

Par rapport aux femmes dépressives, les hommes dépressifs ont plus tendance à  se montrer agressifs et irritables

51% des hommes en bonne santé, entre 40 et 75 ans, connaissent des problèmes d’impuissance, tous degrés de gravité confondus.

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Une fatigue persistante peut-elle persister même sous traitement antidépresseur ?

En effet, cela peut arriver.
La fatigue, comme les troubles de la concentration et de la mémoire, font partie des symptômes qui mettent le plus de temps à s’améliorer. Cette fatigue qui dure peut faire penser que la dépression n’est pas tout à fait maîtrisée. Il faut en parler à son médecin et envisager les possibilités d’optimaliser le traitement.

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Les antidépresseurs peuvent-ils guérir en s'attaquant à la cause de la maladie ?

Les antidépresseurs vont s’attaquer aux troubles neurobiologiques constatés chez les personnes qui présentent une dépression majeure. La correction de ces troubles sera responsable de l’amélioration, voire de la disparition des symptômes de la dépression.
Il s’agit donc d’un traitement qui va agir sur les effets de la dépression en non pas sur les causes. Les causes de la dépression sont multiples et concernent des facteurs biologiques (hérédité, vulnérabilité…) et de l’environnement (stress chronique…). Ces facteurs s’influencent de manière complexe, pas encore complètement élucidée. Il n’existe donc pas de médicament qui peut agir sur l’ensemble des causes de la dépression.
Néanmoins, on pourrait dire que, grâce à l’aide des antidépresseurs, une personne gravement déprimée, une fois l’amélioration symptomatique vécue pleinement, pourra bénéficier mieux encore d’un travail psychologique pouvant modifier sa façon de vivre et de penser.
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Y a-t-il plusieurs niveaux (phases, degrés) bien distincts de la dépression ?

Il y a certainement différents degrés d’intensité de la dépression.

Les symptômes qui traduisent la gravité sont les symptômes physiques tels les troubles du sommeil et de la concentration et les symptômes psychiques tels que les idées suicidaires.

Il existe une évolution naturelle de la dépression. On pense qu’une dépression non-traitée peut durer 6 mois. Aujourd’hui, grâce aux traitements existants, on a considérablement diminué cette durée. Sous traitement, l’amélioration est souvent perceptible après 4 semaines mais peut encore se manifester de manière intermittente (un jour bon, un jour mauvais…). Par la suite, cette amélioration devient persistante et le patient atteint la phase de rémission.

Pour maintenir cette rémission, on sait aujourd’hui que le traitement doit être poursuivi pendant 3 à 6 mois une fois la rémission atteinte pour éviter un risque de rechute.

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Comment aider quelqu’un de dépressif et qui boit ?

Bien souvent la dépression entraîne la personne dans la boisson et la boisson entraîne la personne qui boit dans la dépression.

On se trouve donc dans un cercle vicieux.

Les deux principales questions que l'on doit se poser devant cette situation sont:

1- Pourquoi boit-il (ou elle) ?

2- Pourquoi est-il (ou elle) déprimé(e) ?

Cela demande donc un dialogue, et pour pouvoir entamer le dialogue, il est impératif de ne pas porter de jugement de valeur. Vivre avec une personne dépressive et qui plus est, consomme de l'alcool, n'est pas facile. Il faut absolument référer cette personne à un médecin, il faudra beaucoup de patience et savoir que les rechutes sont plus nombreuses dans ces cas. Bien souvent une prise en charge multidisciplinaire (médecin de famille, psychiatre, psychologue, soutien d'association comme les Alcooliques Anonymes) sera nécessaire, voir une hospitalisation.
Il faut savoir que les antidépresseurs actuels (la classe des sérotoninergiques) ne potentialisent pas l'alcool, au contraire des tranquillisants (benzodiazépines notamment) qui sont à éviter chez la personne alcoolique (sauf dans le cas de manque qui relève de la décision médicale).

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Millepertuis et Omega 3- 6 : quels effets ?

- En ce qui concerne les suppléments en Omega 3 et 6, aucune étude sérieuse sur leur effet anti-dépressif n'a jusqu'à présent été publiée. Donc ils ne sont utiles que sur les triglycérides.
- Pour le millepertuis ou herbe de St Jean, il s'est développé un énorme marché très juteux, puisque en 1996 on l'estimait à 6 milliards de dollars US rien que pour l'Europe.
Hors il n'existe qu'une seule étude ayant prouvé une efficacité supérieure à un antidépresseur et encore à un antidépresseur tricyclique (l'imipramine) qui donnait pas mal d'effets secondaires et qui n'est quasiment plus prescrit. En outre cette étude impliquait des doses très élevées de Millepertuis.
Cette substance ne s'adresse qu'aux dépressions légères ou modérées.
Personnellement j'inviterai cependant les utilisateurs à la plus grande prudence. Il existe des contre indications notamment avec les prises concomitantes de certaines substances comme la digoxine, la théophilline, l'indavir (substance donnée dans le SIDA), les SSRI (car le Millepertuis avec ces derniers peut induire un syndrome sérotoninergique (T°, confusion, délire grave), les anticoagulants oraux, et en outre le Millepertuis peut  diminuer l'efficacité de la pilule contraceptive.
Il ne faut pas oublier que la phytothérapie n'est pas synonyme d'innocuité. Donc parlez-en avec votre médecin avant d'en prendre.

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Combien de temps peut prendre un congé de maladie pour une dépression ?
Que faire quand l’envie d’aller au travail n’y est plus ou quand on ne se sent pas capable d’y retourner ?

Il n’est pas anormal de connaître des moments plus pénibles dans la vie professionnelle comme dans la vie en général, surtout dans certaines circonstances.  Ces moments peuvent être bien souvent dépassés, parfois grâce à certaines adaptations permettant d’apporter une solution suffisante.
Mais il arrive que des personnes ne se sentent plus capables de travailler. Dans ce cas, la première chose à faire est de se rendre chez son médecin traitant pour  faire le point avec lui : que ressentez-vous exactement ? Quand et comment cet état s’est-il installé, dans quelles circonstances personnelles et familiales, dans quel contexte professionnel ? Ce problème est-il accompagné d’autres signes physiques ou intellectuels? N’y a-t-il pas une maladie physique sous-jacente ?
Alors seulement, le médecin pourra alors éventuellement poser le diagnostic de dépression et, si nécessaire, établir un certificat d’interruption de travail pour une période déterminée. Il proposera un traitement adapté et une réévaluation de la situation après une période de traitement, et au plus tard à la fin de la période d’incapacité. Si nécessaire, celle-ci pourra être prolongée.
Il n’existe pas de durée « standard » d’incapacité de travail pour une dépression. Chaque situation doit être considérée en particulier, tant au niveau de l’éventuelle nécessité d’un congé, que de la durée de celui-ci et du traitement  proposé.

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Quelle importance thérapeutique accorder au sport ?

Chez certaines personnes, le sport et l’activité physique peuvent permettre de se changer les idées, de décharger les tensions et d’apaiser l’anxiété qui accompagne souvent la dépression.
Ils peuvent aussi être l’occasion de contacts sociaux bénéfiques. Mais s’ils permettent ainsi de  restaurer de manière constructive un certain bien-être, ils ne doivent pas pour autant se substituer à une prise en compte des problèmes de fond associés à la survenue de la dépression, et pour lesquels l’aide d’un professionnel de la santé se révèle utile.

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